{"id":10004,"date":"2024-05-06T08:06:06","date_gmt":"2024-05-06T06:06:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.styl-m.org\/?p=10004"},"modified":"2024-05-06T08:06:06","modified_gmt":"2024-05-06T06:06:06","slug":"anna-jaubert-la-stylisation-du-discours-paris-classiques-garnier-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ais.airaud.net\/index.php\/2024\/05\/06\/anna-jaubert-la-stylisation-du-discours-paris-classiques-garnier-2023\/","title":{"rendered":"Anna Jaubert, La Stylisation du discours, Paris, Classiques Garnier, 2023."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Compte-rendu par Sophie Jollin-Bertocchi<\/h2>\n\n\n\n<p>Une trentaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s <em>La Lecture pragmatique<\/em> (Hachette, 1990), Anna&nbsp;Jaubert prolonge sa r\u00e9flexion dans un livre au style brillant mettant \u00e0 l\u2019honneur une notion qui a r\u00e9cemment gagn\u00e9 en visibilit\u00e9 dans le domaine des \u00e9tudes litt\u00e9raires et linguistiques&nbsp;: la stylisation. Mobilis\u00e9e par un autre stylisticien de la m\u00eame Universit\u00e9 C\u00f4te d\u2019Azur, Ilias Yocaris (<em>Style et semiosis litt\u00e9raire, <\/em>Garnier, 2016), elle est \u00e9galement au c\u0153ur d\u2019une \u00e9tude plus circonscrite, <em>La Parole stylis\u00e9e. \u00c9tude \u00e9nonciative du discours indirect libre<\/em> de Jean-Daniel Gollut et Jo\u00ebl Zufferey (Lambert-Lucas, 2021). Le terme n\u2019est pas pris ici dans son sens propre de sch\u00e9matisation, si ce n\u2019est ponctuellement, mais dans celui de \u00ab&nbsp;processus&nbsp;\u00bb qui conf\u00e8re une valeur \u00e0 un discours, pour substituer une vision dynamique \u00e0 la vision traditionnellement statique du style. L\u2019ouverture th\u00e9orique d\u2019une vingtaine de pages pr\u00e9sente l\u2019id\u00e9e directrice, \u00ab&nbsp;l\u2019appropriation de la langue d\u00e9clenche le mouvement de la stylisation&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;152), la d\u00e9marche th\u00e9orique visant \u00e0 \u00e9lever le coefficient scientifique de l\u2019analyse stylistique. Soigneusement structur\u00e9, l\u2019ouvrage comporte trois parties, une riche bibliographie, un index des noms et un index des notions.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re partie (p.&nbsp;19-74), intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Le cadre d\u2019un processus&nbsp;\u00bb, pr\u00e9sente le point de vue g\u00e9n\u00e9tique qui pr\u00e9side \u00e0 la d\u00e9marche&nbsp;: le style y est abord\u00e9 \u00ab&nbsp;dans la dynamique de sa construction, comme une valeur qui advient au discours par degr\u00e9s&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;17), d\u00e9marche inspir\u00e9e par la pens\u00e9e du linguiste Gustave Guillaume et son concept de \u00ab&nbsp;temps op\u00e9ratif&nbsp;\u00bb. Pour d\u00e9crire ce processus d\u2019\u00ab&nbsp;appropriation de la langue&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire son actualisation en discours par un sujet en situation, Anna&nbsp;Jaubert reprend son sch\u00e9ma de la \u00ab&nbsp;diagonale du style&nbsp;\u00bb (2007) qui d\u00e9crit le parcours entre le p\u00f4le universalisant de la langue et le p\u00f4le particularisant du discours, d\u00e9terminant les \u00ab&nbsp;\u00e9tats du style&nbsp;\u00bb. Dans un second temps, dans la lign\u00e9e des travaux de Jean-Michel Adam, l\u2019auteure pr\u00e9sente l\u2019importance de la \u00ab&nbsp;m\u00e9diation des genres&nbsp;\u00bb \u00e0 partir du constat que \u00ab&nbsp;le style se donne comme un ensemble de traits appropri\u00e9s \u00e0 un projet communicationnel&nbsp;\u00bb, inscrits \u00ab&nbsp;dans les mod\u00e8les stabilis\u00e9s de genres plus ou moins d\u00e9di\u00e9s, avec des formes pr\u00e9visibles&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;46) qui d\u00e9terminent \u00e0 la fois des choix \u00e9nonciatifs et des modes d\u2019organisation. Elle montre que les genres de discours, \u00ab&nbsp;profileurs de style&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;41), \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentent un point de bascule [\u2026] entre la qualification et la requalification des moyens expressifs&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;55) en valeurs. La m\u00e9diation du genre conditionne la stylisation et de ce fait att\u00e9nue le sentiment d\u2019individuation. Anna&nbsp;Jaubert distingue deux niveaux de conditionnement (p.&nbsp;62) donnant lieu \u00e0 deux \u00ab&nbsp;formats de g\u00e9n\u00e9ricit\u00e9&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;73)&nbsp;: au premier niveau, les genres premiers qualifient un style appropri\u00e9 au projet communicationnel&nbsp;; au second niveau, la requalification (ou surqualification, ou stylisation seconde) tient \u00e0 la dimension esth\u00e9tique et r\u00e9flexive des formes qui caract\u00e9rise les genres litt\u00e9raires (ou genres seconds), ce que l\u2019auteure illustre \u00e0 partir d\u2019extraits de th\u00e9\u00e2tre qui transposent le genre de la conversation et reconditionnent ses codes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me partie (p.\u00a075-155), \u00ab\u00a0Des lieux d\u2019\u00e9mergence\u00a0\u00bb, le propos se centre sur deux postes d\u2019analyse, les figures et la phrase, consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab\u00a0les points sensibles de la stylisation\u00a0\u00bb. Ils permettent d\u2019observer \u00ab\u00a0les variations stylisantes\u00a0\u00bb qui op\u00e8rent \u00ab\u00a0la signifiance augment\u00e9e\u00a0\u00bb (p.\u00a079). La figuralit\u00e9 fait d\u2019abord l\u2019objet d\u2019une reconception \u00e0 l\u2019aune de la \u00ab\u00a0probl\u00e9matisation \u00e9nonciative\u00a0\u00bb (p.\u00a080)\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] la perception des figures repose sur ce parti pris \u00e9nonciatif de non-co\u00efncidence entre le dire et le dit. Cette non-co\u00efncidence rel\u00e8ve d\u2019une travers\u00e9e \u00e9nonciative biais\u00e9e qui, perdant en imm\u00e9diatet\u00e9, s\u2019allonge, gagne de l\u2019\u00e9paisseur op\u00e9rative, et devient visible pour elle-m\u00eame\u00a0\u00bb (p.\u00a083). Les concepts qui fondent le point de vue d\u2019Anna\u00a0Jaubert sont le dialogisme interne des figures et l\u2019\u00e9nonciation cliv\u00e9e (p.\u00a084). Elle examine ensuite quelques figures (oxymore, euph\u00e9misme, litote, hyperbole), \u00e9voque l\u2019humour et l\u2019ironie, en soulignant le r\u00f4le des figures dans la coh\u00e9rence textuelle. Dans un second temps, l\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la limite de rendement, \u00e0 \u00ab\u00a0la maximalisation d\u2019une construction grammaticale\u00a0\u00bb (p.\u00a0102), l\u2019apposition, puis \u00e0 la textualisation des temps dans la narration. Le second volet de la deuxi\u00e8me partie porte sur la phrase, point n\u00e9vralgique du style \u2013\u00a0comme l\u2019indiquait Georges Molini\u00e9 dans ses <em>\u00c9l\u00e9ments de stylistique fran\u00e7aise<\/em> (P.U.F., 1986)\u00a0\u2013, et par cons\u00e9quent sur le statut stylistique de la syntaxe, du point de vue particularisant du style d\u2019auteur. En premier lieu, partant du statut de la phrase dans l\u2019\u00e9volution de la conscience linguistique, sont rappel\u00e9s les rapports historiques entre syntaxe et style. Le propos traite ensuite de l\u2019organisation \u00e9nonciativo-syntaxique de la phrase litt\u00e9raire et de ses \u00ab\u00a0modelages subjectivants\u00a0\u00bb\u00a0: la phrase exclamative au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les parenth\u00e8ses dans l\u2019\u0153uvre de Proust, la syntaxe distendue d\u2019Albert Cohen. La derni\u00e8re section propose des analyses de la phrase longue dans les \u00e9critures de la post-modernit\u00e9, \u00e0 travers les exemples de Claude Simon et Jean Rouaud, montrant que la cr\u00e9ation litt\u00e9raire s\u2019appuie sur la probl\u00e9maticit\u00e9 de la notion de phrase en linguistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le parcours se termine par une ample troisi\u00e8me partie (p.&nbsp;157-252) qui confronte de mani\u00e8re convaincante trois notions connexes \u00e0 celle de style&nbsp;: l\u2019idiolecte, l\u2019ethos et la litt\u00e9rarit\u00e9. L\u2019idiolecte et le style \u00ab&nbsp;ont en commun la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une singularit\u00e9 langagi\u00e8re&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;186), leur diff\u00e9rence r\u00e9side dans le fait que l\u2019idiolecte est spontan\u00e9 et non r\u00e9flexif, tandis que le style est travaill\u00e9 et adapt\u00e9 \u00e0 un projet, et enrichi d\u2019une valeur esth\u00e9tique (p.&nbsp;187). Seconde notion examin\u00e9e, l\u2019ethos discursif \u2013&nbsp;dans la lign\u00e9e des travaux de Ruth Amossy&nbsp;\u2013 renvoie \u00e0 l\u2019incorporation du locuteur. L\u2019ethos de l\u2019orateur, qui est l\u2019image projet\u00e9e par le discours pour gagner la faveur de l\u2019auditoire, s\u2019appuie sur un style \u00e0 la fois \u00ab&nbsp;classant et particularisant&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;191), c\u2019est-\u00e0-dire marqueur d\u2019une condition sociale et r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une personnalit\u00e9. Les deux notions ont en commun de participer \u00ab&nbsp;en profondeur \u00e0 la relativisation de la singularit\u00e9&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;218), mais l\u2019ethos semble davantage d\u00e9termin\u00e9 par un ancrage socio-culturel et historique. En dernier lieu, ce sont les liens entre style et litt\u00e9rarit\u00e9, autour de la notion de d\u00e9calage pragmatique, qui sont examin\u00e9s. Le style litt\u00e9raire appara\u00eet \u00ab&nbsp;comme le stade le plus accompli de la stylisation&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;221). Anna&nbsp;Jaubert s\u2019interroge de mani\u00e8re toujours plus approfondie sur les facteurs de sa litt\u00e9rarisation, du \u00ab&nbsp;d\u00e9clenchement de sa requalification formelle, source de la stylisation ind\u00e9fectiblement attach\u00e9e \u00e0 cette migration de statut&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;222). Par-del\u00e0 les \u00e9poques, les genres et les formes multiples, elle recherche \u00ab&nbsp;des caract\u00e9ristiques constantes&nbsp;\u00bb de la litt\u00e9rarit\u00e9, proposant de nouveaux \u00ab&nbsp;styl\u00e8mes de litt\u00e9rarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;\u00bb (Georges&nbsp;Molini\u00e9). Selon Anna&nbsp;Jaubert, au plus haut niveau de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, les deux caract\u00e9ristiques sont \u00ab&nbsp;un \u00e9largissement de notre rapport au sens, et une vis\u00e9e esth\u00e9tique&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;222)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le premier ajoute \u00e0 la qualit\u00e9 s\u00e9mantique du discours une qualit\u00e9 s\u00e9miotique, la seconde est comptable de son artistisation, et les deux se fondent dans une perception globale de la valeur style&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;223). Le parcours est jalonn\u00e9 d\u2019une r\u00e9flexion sur la continuit\u00e9 entre le discours ordinaire et le discours litt\u00e9raire, et sur la distinction, tr\u00e8s clairement d\u00e9montr\u00e9e, entre les belles-lettres \u2013&nbsp;la litt\u00e9rarit\u00e9 d\u2019ancien r\u00e9gime&nbsp;\u2013 et la litt\u00e9rature&nbsp;: \u00ab&nbsp;Alors que les belles-lettres cultivent une pratique exemplaire de la langue commune, sa norme haute, la litt\u00e9rature pour sa part cultive une langue p\u00e9trie de sp\u00e9cificit\u00e9s [\u2026]&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;236). La litt\u00e9rarit\u00e9 ob\u00e9it en effet \u00e0 une \u00ab&nbsp;logique de l\u2019ostension&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;250) manifest\u00e9e par des surmarquages stylistiques&nbsp;: \u00ab&nbsp;La stylisation rev\u00eat alors son sens concret d\u2019\u00e9puration des formes r\u00e9elles, de choix qui r\u00e9v\u00e8le leur essence et leur conf\u00e8re une repr\u00e9sentation typifiante&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;251). Le d\u00e9calage pragmatique dans la vis\u00e9e du discours tient au fait que \u00ab&nbsp;la stylisation [\u2026] tire la requalification des formes sollicit\u00e9es de leur surqualification&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;251). Il y aurait donc une \u00ab&nbsp;hi\u00e9rarchie entre style et litt\u00e9rarit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;le style pr\u00e9c\u00e8de la litt\u00e9rarit\u00e9 et la constitue&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;251).<\/p>\n\n\n\n<p>La conclusion g\u00e9n\u00e9rale pr\u00f4ne une \u00ab&nbsp;conception unifi\u00e9e du style&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;253) comme parcours dynamique au terme duquel la stylisation la plus accomplie est celle o\u00f9 s\u2019impose l\u2019effet esth\u00e9tique. L\u2019un des points forts du livre est de proposer de nombreux exemples \u2013&nbsp;issus en partie des pr\u00e9c\u00e9dents travaux de l\u2019auteure et de ceux des sp\u00e9cialistes du domaine&nbsp;\u2013, emprunt\u00e9s \u00e0 des genres et \u00e0 des \u00e9poques diverses, de l\u2019\u00e2ge classique \u00e0 la p\u00e9riode contemporaine. De plus, conform\u00e9ment \u00e0 la \u00ab&nbsp;perspective continuiste&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;50) adopt\u00e9e, entre les genres de discours ordinaire et les genres litt\u00e9raires, l\u2019\u00e9tude comporte des incursions du c\u00f4t\u00e9 du discours ordinaire, du discours politique, de la bande dessin\u00e9e, du cin\u00e9ma et des humoristes. Mettant la th\u00e9orie au c\u0153ur de la pratique, cet ouvrage quelquefois dense offre de nombreuses reformulations qui permettent de comprendre et de suivre ais\u00e9ment le propos. Des mises au point linguistiques (par exemple les valeurs des temps verbaux p.&nbsp;104-105) et de subtiles analyses textuelles rendent ce livre tout \u00e0 fait indiqu\u00e9 tant pour les sp\u00e9cialistes du style et de la stylistique que pour les \u00e9tudiants avanc\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu par Sophie Jollin-Bertocchi Une trentaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s La Lecture pragmatique (Hachette, 1990), Anna&nbsp;Jaubert prolonge sa r\u00e9flexion dans un livre au style brillant mettant \u00e0 l\u2019honneur une notion qui a r\u00e9cemment gagn\u00e9 en visibilit\u00e9 dans le domaine des \u00e9tudes litt\u00e9raires et linguistiques&nbsp;: la stylisation. 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